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Incendie de 1992

Le 25 mars 1992 fut une date fatidique pour les archives de l’archipel lorsqu’un violent incendie éclata dans le bâtiment, durant jusque tard dans la nuit et laissant au petit jour un spectacle peu réjouissant.

24 heures après le sinistre, les agents du service, un petit groupe de volontaires et une entreprise privée se mobilisèrent pour extraire des décombres les archives rescapées. Elles furent entassées dans de grands paniers métalliques et congelées dans les chambres froides de la société de pêche locale, suivant les conseils de la Direction des Archives de France. (Note : La congélation permet en effet d’interrompre le processus de dégradation par les moisissures ou le développement de mycoses.) L’étape suivante, toujours à l’aide de volontaires, consista à décongeler partiellement les documents, séparer les semblants d’articles et à les recongeler individuellement en sacs plastique.

Etant donné le coût prohibitif de la lyophilisation, divers essais de séchage des documents furent tentés sous la direction de Rodrigue Girardin. L’utilisation de vigneaux, utilisés localement pour le séchage du poisson donna des résultats médiocres et très lents, de même que l’emploi de séchoirs à cheveux ou de buvards. Une entreprise locale disposant d’un séchoir à poisson artisanal fut alors sollicitée : le séchage était correct et le processus plus rapide mais, malgré les précautions prises, les supports grillagés, insuffisamment nettoyés ou trop longtemps utilisés pour le poisson, laissèrent des résidus huileux sur quelques documents. La dernière solution qui s’offrit alors localement était les tunnels industriels de la société La Miquelonnaise à Miquelon. Ces tunnels, inutilisés depuis un certain temps, avaient été construits pour produire de la morue sèche. Une centrale permettait de contrôler la température et l’hygrométrie et le volume de documents qui pouvait être traité en une seule opération pouvait atteindre 2m3.

Les opérations de séchage ont alors pu réellement débuter. Chaque semaine, ou chaque quinzaine en fonction des conditions météorologiques, un panier métallique d’une contenance de 2m3 était sorti des chambres froides, acheminé par bateau le lendemain sur Miquelon et déposé dans les locaux de l’entreprise. Des personnes recrutées ad hoc ont été chargées dans un premier temps de séparer les liasses conditionnées sous plastique afin de poursuivre la décongélation. Les registres furent dépouillés de leur couverture afin d’en faciliter le séchage. Chacun des articles a fait l’objet d’un éclatement par groupes de pages, ces groupes étant déposés sur des claies. Ces dernières étaient superposées sur des chariots acheminés vers les tunnels de séchage.

Le séchage effectué en moins de 24 heures, les documents ont été reconditionnés sous emballage kraft, déposés dans le panier métallique ayant servi à l’aller, rapatriés à Saint-Pierre et stockés dans un dépôt provisoire.

Photos du Studio Briand et fils