L’archéologie à Saint-Pierre et MiquelonUn brin d’histoire sur le projet…Le site de l’Anse à Henry se situe à l’extrémité nord de l’île de Saint-Pierre face à l’île du Grand Colombier. Il est accessible par bateau ou par un sentier d’environ 3,5 kilomètres débutant à l’est de la ville. La superficie du site, estimée à environ 8,2 hectares, occupe l’ensemble de la terrasse herbeuse qui descend en pente douce jusqu’au promontoire de la Vierge ainsi qu’une partie du bois. Des rumeurs de trouvailles dans les années 1970 ont été attestées par plusieurs habitants mais il semble que les vestiges aient été dispersés hors de l’Archipel. Une visite de confirmation du site en 1979 par une équipe du C.N.R.S. (Centre National de Recherche Scientifique) conduite par Jean Chapelot, bien que non documentée, a semble-t-il livré du matériel. En 1981, Jean-Louis Rabottin, professeur agrégé d’histoire géographie au Lycée de Saint-Pierre, découvre, à l’occasion d’investigations sur le Quaternaire, quelques outils de pierre et des éclats de taille dans des coupes d’érosion de l’Anse à Henry. Une petite tranchée exploratoire a été faite en 1984 par le préhistorien René Desbrosse lors d’une visite privée. Quelques photographies d’outils et une aquarelle (Michel Borotra) ont été publiées en 1988 dans l’ouvrage « Histoire de l’archipel et de sa population » (Andrée Lebailly, éditions Jean-Jacques Oliviéro) et les premiers outils ont été déposés dans la collection permanente du Musée Archipélitude de l’Ile-aux-Marins. En 1997, la Préfecture de Saint-Pierre et Miquelon, en accord avec la Sous-direction de l’Archéologie du Ministère de la Culture et de la Communication, a autorisé Sylvie Leblanc (Université d’Alberta) et le professeur James Alexander Tuck (Université Mémorial de Terre-Neuve) à effectuer une visite de reconnaissance archéologique à Saint-Pierre et Miquelon. Cette dernière a donné lieu à un rapport détaillé et a permis d’évaluer le potentiel archéologique de l’Archipel, d’identifier et d’inventorier le matériel déjà existant et de proposer les grandes lignes d’un projet de recherche à long terme. En 1999, le Sous–directeur de l’Archéologie M. Bruno Foucray s’est rendu sur le site. Son rapport très positif de fin de mission a souligné l’intérêt régional et national du site et lancé le début d’un véritable programme de recherches. Deux missions de reconnaissance systématique par sondages, menées en 1999 et 2000, ont permis de répertorier les vestiges de quatre civilisations préhistoriques et de documenter l’occupation européenne des lieux. A cette étape-ci de la recherche, il ne s’agissait pas encore de véritables fouilles mais plutôt de sondages exploratoires permettant de vérifier la richesse du gisement archéologique. Après une pause en 2001, de 2002 à 2004 des chantiers de fouilles en aire ouverte ont été réalisés. La richesse du site est indéniable : les vestiges matériels trouvés à l’Anse à Henry témoignent d’une préhistoire remontant à près de 5 000 ans. Ces vestiges sont attribuables à quatre groupes culturels distincts* : - Amérindiens de l’Archaïque Maritime de 3000 à 1200 av. J.C.
- Amérindiens de l’Indien Récent de l’an 0 à environ 1500 ap. J.C.
- Paléoesquimaux Anciens Groswater de 800 à 100 av. J.C.
- Paléoesquimaux Récents du Dorset de 100 à 900 ap. J.C.
*Les dates fournies correspondent aux périodes d’occupations de la région Terre-Neuve/Saint-Pierre et Miquelon par ces groupes, elles ne correspondent pas à leurs dates d’apparition et de disparition sur le territoire nord-américain dans son ensemble. |