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Le site de l’Anse à Henry - un milieu favorable à l’occupation humaine

Les vestiges matériels trouvés à l’Anse à Henry témoignent d’une préhistoire remontant à près de 5000 ans. Ils sont attribuables à quatre groupes culturels distincts* :

  • Amérindiens de l’Archaïque Maritime de 3000 à 1200 av. J.C.
  • Amérindiens de l’Indien Récent de l’an 0 à environ 1500 ap. J.C.
  • Paléoesquimaux Anciens de Groswater de 800 à 100 av. J.C.
  • Paléoesquimaux Récents du Dorsétien de 100 à 900 ap. J.C.

Les multiples ressources de l’Anse à Henry ont favorisé l’occupation du site par des groupes préhistoriques et bien plus tard par des Européens jusqu’au XXème siècle.

« Localisation du site archéologique de l’Anse à Henry sur l’île de Saint-Pierre. »« Pointe de l’Anse à Henry. »

La passe à Henry, étroite et profonde, n’est certainement pas étrangère à ce choix d’installation. Son fort dénivelé devait favoriser la remontée des substances nutritives créant ainsi un environnement marin très riche. La passe offrait également une voie de passage idéale pour les mammifères marins avec sa profondeur de plus de 15 mètres. De nos jours, il n’est d’ailleurs pas rare de voir, outre les phoques (commun et gris), des cétacés emprunter la passe à Henry en été (dauphins, globicéphales, petits rorquals). L’île escarpée du Grand Colombier était sans doute aussi d’un grand intérêt. Elle offrait d’importantes colonies d’oiseaux de mer et un gisement de jaspe permettant la confection d’outils en pierre. De plus, le site dispose d’une source d’eau douce, d’anses permettant l’accostage et profite d’une vue dégagée dans plusieurs directions. On conviendra alors facilement que l’Anse à Henry présentait un milieu favorable à l’occupation humaine.

« Île du Grand Colombier en face de l’Anse à Henry. »

L’Anse à Henry constitue à ce jour l’unique site connu permettant d’établir la préhistoire de l’Archipel et son apport scientifique est majeur. Il permet non seulement d’affiner nos connaissances des populations préhistoriques de l’aire culturelle Terre-Neuve/Labrador/Saint-Pierre et Miquelon mais aussi de l’Amérique du Nord-Est et de l’Arctique en général.

La découverte de matériel paléoesquimau en fait non seulement le site de culture arctique le plus méridional connu, mais également l’unique site arctique sur le territoire national.
 

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*Périodes d’occupation de Terre-Neuve/Saint-Pierre et Miquelon.