La culture Groswater - 800 à 100 av. J.C. - tire son nom de la baie de Groswater sur la côte centrale du Labrador. C’est en effet dans cette région que ce groupe culturel fut d’abord identifié puis défini. C’est une pratique courante en archéologie qu’une culture tienne son nom de l’endroit où elle fut identifiée pour la première fois. Les chasseurs du Groswater étaient spécialistes du phoque du Groenland et leur distribution géographique correspond fidèlement à la route migratoire de cette espèce (Terre de Baffin, Groenland, côte du Labrador, Terre-Neuve et golfe du Saint-Laurent). Leur présence à Saint-Pierre soulève d’ailleurs d’intéressantes questions, car cette espèce n’est pas présente dans les eaux de l’archipel. Ils chassaient également le caribou durant ses mouvements migratoires.
Les Paléoesquimaux du Groswater sont aussi connus sous le nom de Tradition Microlithique de l’Arctique car ils disposaient d’outils de pierre de très petite taille. Ces outils étaient fabriqués dans des matières premières de grande qualité, très pures et très riches en silice, qui fournissaient un très bon contrôle de la taille. Contrairement à la majorité des groupes préhistoriques qui utilisaient des jaspes ou d’autres pierres trouvées dans leur environnement immédiat, les Groswatériens n’hésitaient pas à parcourir plusieurs milliers de kilomètres pour s’approvisionner. On sait par exemple que deux gisements de jaspe, l’un à Cow Head sur la côte Ouest de Terre-Neuve et l’autre, 1500 km plus loin, à Ramah sur la côte nord du Labrador, les intéressaient tout particulièrement. A l’Anse à Henry, des pointes de harpons ont été retrouvées, des microlames, et de minuscules pseudo-burins servant au travail du bois, de l’os ou de l’ivoire. Beaucoup de ces outils ont été taillés dans du jaspe de Cow Head.
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