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Dorset
(100 à 900 ap. J.C.)
 

« Figurines zoomorphiques ou anthropomorphiques en pierre taillée de la culture Dorset. »

La culture dorsétienne est apparue dans l’Arctique canadien il y a près de 2500 ans. Elle fut identifiée et définie pour la première fois en 1925 au Cap Dorset, en Terre de Baffin. L’aire d’occupation dorsétienne correspond à l’ensemble de l’Arctique canadien depuis l’Alaska jusqu’au Groenland. Il a fallu plusieurs siècles avant qu’ils ne migrent vers des régions plus méridionales et ce n’est qu’à partir de 100 ap. J.C. qu’on les voit apparaître à Terre-Neuve.

Ils exploitaient les ressources marines, en particulier le phoque et le morse. Ils pêchaient et chassaient des oiseaux et des mammifères terrestres comme le caribou. Tout comme les Groswatériens ils avaient des outils en pierre de très petite taille.

Ils avaient développé une technologie sophistiquée de chasse aux mammifères marins avec harpons, tête de harpons en ivoire et lignes de halage. Dans l’ivoire de morse ou l’os de baleine ils fabriquaient des patins de traîneaux, des crampons pour marcher sur la glace ou encore de grands couteaux à découper les blocs de neige. On ignore cependant s’ils chassaient activement la baleine ou s’ils exploitaient plutôt leurs carcasses échouées. De petits récipients rectangulaires sculptés dans la stéatite leur servaient de lampes dans lesquelles ils brûlaient de l’huile de phoque pour éclairer et chauffer les habitations.

Les Dorsétiens étaient des artistes habiles : des milliers de figurines d’animaux ou de visages humains sculptés dans l’ivoire ou l’os de baleine ont été retrouvées. Elles témoignent du fascinant univers de chamans, d’esprits et d’animaux magiques de la culture dorsétienne. L’une des plus grandes collections d’art préhistorique au monde, celle du Musée Canadien des Civilisations, est constituée de sculptures dorsétiennes.

Malheureusement, les sols acides et le climat humide de notre région ne permettent pas la conservation, sur d’aussi longues périodes, de matières telles que l’ivoire et les ossements de baleines. Il est cependant à parier que les Dorsétiens qui ont fréquenté l’Anse à Henry avaient une tradition artistique aussi riche.