"Coup de filet sur les papillons locaux"

Que vous soyez amateurs éclairés ou simples curieux… Vous serez charmés par cette exposition virtuelle consacrée aux lépidoptères.
Les collections en sciences naturelles du musée trouvent ici une seconde vie avec la présentation de 35 espèces, essentiellement des papillons de jour et quelques-uns des gros papillons de nuit.


 

Papillon queue courte

Papillon queue courte

Appellation scientifique: Papilio brevicauda
Appellation anglaise: Short-tailed Swallowtail

 

Envergure : 72 à 76 mm.

Distribution générale : espèce peu commune sur le continent américain, sa distribution est limitée aux provinces de l’Atlantique. C’est donc une espèce à protéger.

Distribution dans l’Archipel : il est présent dans les trois îles. Sa présence est assez variable selon les années, parfois commun parfois presque inexistant.

Période d'apparition : de la fin mai jusqu’à la fin juillet. Ensuite apparaît sa chenille qui passe l’hiver à l’état de chrysalide.

Milieu : uniquement littoral, là où se trouve sa plante hôte.

Plante(s) hôte(s) : espèces côtières de la famille des ombellifères, comme la grande berce et le persil de mer. Il peut aussi se retrouver beaucoup plus rarement sur le céleri cultivé dans les jardins du littoral.

*Spécimen du Musée : capturé à Langlade, au « Coin du sable » au Gouvernement le 8 juillet 1980.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
La jeune chenille est brunâtre, avec une tache blanche dorsale la faisant ressembler à un excrément d’oiseau. Au milieu de l’été, un peu plus âgée, un changement notable s’est opéré. Elle a pris une couleur vert-citron entrecoupée de bandes noires, elles-mêmes ornementées de taches jaunes. Jusque-là rien d’anormal, mais essayez de la toucher, le réflexe est immédiat : deux longues cornes rétractiles orange vif surgissent de derrière la tête et dégagent une odeur nauséabonde. La vue et l’odeur suffisent en général à décourager le prédateur éventuel.

Papillon tigré du Canada

Papillon tigré du Canada

Appellation scientifique: Papilio canadensis
Appellation anglaise: Canadian tiger Swallowtail

 

Envergure : 78 à 86 mm.

Distribution générale : le Papillon tigré est une espèce commune dans toute la zone boréale canadienne de l’ouest à l’est du continent.

Distribution dans l’Archipel : mentionné dès les années 1980 à Langlade et à Miquelon, ce n’est que depuis ces dernières années qu’on le remarque à Saint-Pierre. 

Période d'apparition : période d’apparition variable, mais grosso-modo du début juin jusqu’à la fin de juillet bien que durant certaines années exceptionnelles (1999) il ait été vu à la fin d’avril.

Milieu : même si sur le continent c’est une espèce des milieux forestiers, à Terre-Neuve et dans l’Archipel, il s’aventure fréquemment en milieu découvert jamais trop loin cependant des boisés où se trouve la nourriture de sa chenille.

Plante(s) hôte(s) : arbres et arbustes de la forêt et de son entourage. Citons les bouleaux, les pruniers, les sorbiers et les aulnes.

*Spécimen du Musée : l’adulte provient d’une chenille trouvée en automne 1983 aux Trois-Sapins à Langlade. Après avoir passé l’hiver au frigo sous forme de chrysalide, elle a éclot le 19 juin de l’année suivante.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham:
Mentionné comme sporadique dans le passé, depuis quelques années il est de plus en plus présent et son apparition à Saint-Pierre est une nouveauté. Tout ceci à la grande joie du promeneur puisque c’est un papillon d’une grande beauté. Sa chenille est, elle aussi remarquable, avec ses deux gros yeux dessinés sur son thorax, qui ont pour but d’effrayer les prédateurs.

Coliade commun du nord

Coliade commun du nord

Appellation scientifique: Colias pelidne
Appellation anglaise: Blueberry Sulfur

 

Envergure : 46 à 50 mm.

Distribution générale : espèce typique de la toundra arctique et subarctique du Labrador et de Terre-Neuve. Elle se raréfie à mesure que l’on descend vers le sud.

Distribution dans l’Archipel : commun dans les trois îles, toujours en milieu ouvert. On le rencontre surtout dans la tourbière à éricacées, même sur les îles plus petites comme l’Ile-aux-Marins où il est  commun.

Période d'apparition : de la fin de juin à la fin d’août, avec un pic important en juillet, période où on le voit à peu près partout dans son milieu.

Milieu : la tourbière à éricacées, c'est-à-dire les « plaines à graines et à bleuets » là où se trouve sa plante hôte.

Plante(s) hôte(s) : broussailles de la famille des airelles et des myrtilles (Vaccinium) et probablement d’autres arbustes de la même famille, poussant dans les mêmes milieux.

*Spécimen du Musée : tout d’abord un mâle, capturé à l’Ile-aux-Marins le 19 juillet 1980, ensuite une femelle provenant du bout de la route de Savoyard à Saint-Pierre, le premier juillet 1992.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham:
C’est un papillon souvent difficile d’approche, qui butine les fleurs de la tourbière sur de grandes surfaces. Beaucoup de Coliades se ressemblent et ce n’est qu’après l’envoi d’un spécimen aux spécialistes d’Ottawa en 1992 qu’il a été permis de mettre un nom exact sur l’espèce. Le Coliade commun du nord, autrefois appelé « Coliade du bleuet » reste cependant un papillon aux mœurs énigmatiques, sa chenille n’a pas encore été décrite dans la littérature. A qui la chance ?

Coliade du trèfle

Coliade du trèfle

Appellation scientifique : Colias philodice
Appellation anglaise : Clouded Sulfur

 

Envergure : 48 à 55 mm.

Distribution générale : contrairement à la Coliade commune du nord, c’est une espèce méridionale qui atteint tout juste Terre-Neuve dans sa distribution atlantique.

Distribution dans l’Archipel : c’est un papillon d’apparition récente, dont le statut n’est pas encore exactement défini dans les îles.

Période d'apparition : de 1999 jusqu’à récemment il apparaissait assez tard dans la saison même jusqu’en octobre ce qui suggérait une migration de fin d’été. Mais en 2015, plusieurs individus ont été observés à la fin juin.

Milieu : c’est une espèce des prairies. Il s’accommode d’ailleurs très bien des milieux urbanisés.

Plante hôte : beaucoup d’espèces de la famille des fabacées (légumineuses) incluant les trèfles, les pois, les gesses et les vesces.

*Spécimen du Musée : capturé à Langlade, au Gouvernement le 3 septembre 1999.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Il existe un paradoxe frappant concernant le Coliade du trèfle dans les îles. Toutes les sources d’information provenant de Terre-Neuve le décrivent comme un papillon n’ayant qu’un cycle par an. L’adulte apparait en juin, sa chenille se nourrit pendant l’été et se chrysalide en automne pour passer l’hiver. Sur le continent canadien, par contre, elle a deux cycles par année, la deuxième génération d’adultes apparaissant vers la fin de l’été. Ce qui voudrait dire que les Coliades du trèfle qui nous visitent en été, viendraient du continent. La découverte en 2015, dès le mois de juin, d’adultes dans les plaines de Miquelon vient maintenant suggérer la possibilité de reproduction de l’espèce dans les Iles. C’est une histoire à suivre.

Piéride du chou

Piéride du chou

Appellation scientifique: Pieris rapae
Appellation anglaise: Cabbage Butterfly

 

Envergure : 45 à 50 mm.

Distribution générale : introduite en Amérique du Nord en 1860, elle a envahi depuis la totalité du continent, exception faite des zones arctiques comme l’Alaska et le Labrador.

Distribution dans l’Archipel : comme cela arrive souvent quand il s’agit d’espèces ubiquistes, il y a peu de notes à ce sujet. Il vit au rythme du jardinier, attendant le bon moment pour déposer ses œufs.

Période d'apparition : de la fin mai jusqu’en automne, il peut produire plusieurs générations par an, selon la disponibilité de ses plantes hôtes.

Milieu : principalement les milieux habités et surtout les jardins, mais aussi les terrains vagues autour des agglomérations.

Plante hôte : plantes faisant partie de la famille des crucifères surtout celles cultivées (chou, radis, navet, etc.), mais aussi les crucifères échappées de culture et même certaines vivant à l’état sauvage.

*Spécimen du Musée : un mâle et une femelle ont été récoltés le 9 août 1980 à Saint-Pierre dans un jardin du nord de la ville.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Malgré une coloration identique, le sexe des Piérides du chou est facile à différencier. Les femelles ont deux gros points noirs sur chaque aile antérieure, ce qui en fait quatre, alors que les mâles n’ont n’en qu’un ce qui en fait deux.

Si tous les crucifères produisent la même « senteur », que la Piéride identifie pour pondre ses œufs, quelques crucifères sauvages (barbarées, vélars) sécrètent aussi  une molécule toxique. Une fois la larve éclose, ou bien elle ingurgite le poison ou bien elle refuse d’y toucher. Dans les deux cas, le résultat est le même. Quel bel exemple d’insecticide biologique.

Monarque

Monarque

Appellation scientifique: Danaus plexippus
Appellation anglaise: Monarch

Envergure : 95 à 105 mm.

Distribution générale : autrefois extrêmement commun sur tout le continent partout où pousse sa plante hôte, il est beaucoup moins fréquent depuis quelques années.

Distribution dans l’Archipel : visiteur occasionnel dans les trois îles, on en a dénombré jusqu’à treize dans une même journée. Depuis quelques années il se fait de plus en plus rare.

Période d'apparition : de juillet à septembre avec quelques passages en octobre. Quelques rares observations ont été faites au printemps, dont l’une le 30 mai, à Dolisie à Langlade.

Milieu : milieux ouverts, principalement landes et prairies, partout où il y a des fleurs à butiner.

Plante hôte : les Asclépiades, plantes secrétant des substances toxiques. Ces espèces ne poussant ni sur la côte sud de Terre-Neuve ni dans l’archipel, il n’est que de passage dans la région.

*Spécimen du Musée : spécimen capturé à Savoyard à Saint-Pierre le 10 août 1980 sur une fleur de centaurée noire.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Le Monarque et sa chenille n’ont rien à craindre des prédateurs qui préfèrent l’éviter à cause de son goût et de son odeur désagréables. La bordure noire sur fond orangé de ses ailes est un code héréditaire qui signifie aux yeux des oiseaux « non comestible ». C’est ainsi qu’une autre espèce, le Vice-roi (Limenitis archippus), s’est inspirée de ce code défensif en imitant ses coloris afin de bénéficier des mêmes avantages que lui.

Argynne de l'Atlantique

Argynne de l'Atlantique

Appellation scientifique: Speyeria atlantis
Appellation anglais: Atlantis Fritillary

 

Envergure : 56 à 62 mm.

Distribution générale : partout au Canada jusque dans les régions arctiques. Particulièrement commun dans les régions de l’Atlantique.  

Distribution dans l’Archipel : particulièrement présent sur l’Isthme, on le retrouve dans les prés humides des trois îles.

Période d'apparition : d’apparition assez tardive, on ne le voit pas avant le début juillet, et ceci jusqu’à la fin août.

Milieu : prairies côtières, clairières et lisière de la forêt.

Plante(s) hôte(s) : l’Argynne est très spécifique quant à la nourriture de sa chenille. Elle n’accepte que les violettes.

*Spécimen du Musée : capturé au centre de l’Isthme Miquelon-Langlade le 3 août 1980.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
La larve à peine éclose se prépare à passer l’hiver en état d’hibernation et ce n’est qu’au printemps suivant qu’elle reprend son activité.
Inutile d’essayer de découvrir l’ardente dévoreuse. Il faudrait pour cela vous munir d’une lampe de poche, car la chenille ne se nourrit que la nuit et reste cachée pendant le jour, loin de sa plante hôte.

Boloria à taches argentées

Boloria à taches argentées

Appellation scientifique: Boloria selene
Appellation anglaise: Silver-bordered Fritillary

 

Envergure : 36 à 43 mm.

Distribution générale : c’est une espèce holarctique commune dans toute l’Amérique du Nord et présente en Europe de l’Ouest sous le nom de « Petit collier argenté »

Distribution dans l’Archipel : d’observation récente il a été noté pour la première fois en 1991 au Diamant à Saint-Pierre et ensuite en petit nombre à l’Anse à Brossard. En 2015 il a été photographié à l’Anse à Pierre. Il n’a pas encore été répertorié pour Miquelon-Langlade.  

Période d'apparition : les seules données connues indiquent une apparition tardive,  à partir de la mi-juillet. Aucune observation ne dépasse le 15 août.  

Milieu : typiquement la tourbière à sphaignes et les prairies côtières très humides.

Plante(s) hôte(s) : comme pour l’Argynne sa chenille ne se nourrit que des plants de violettes.

*Spécimen du Musée : un seul spécimen capturé au Diamant à Saint-Pierre le 7 août 1991.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Le statut de l’espèce dans l’Archipel est loin d’être clair. Pourquoi n’a-t-il été observé que récemment ? Pourquoi n’est-il pas recensé pour Miquelon-Langlade où les tourbières et les violettes abondent ? Autant de questions qui prêtent à penser que ce Boloria aurait pu être introduit  à travers les transports de fourrage de la ferme dite « Chez Dugué » au Diamant. C’est effectivement à quelques centaines de mètres de là qu’il a été aperçu pour la première fois.

Boloria de Freya

Boloria de Freya

Appellation scientifique: Boloria freija
Appellation anglaise: Freya Fritillary

 

Envergure : 35 à 40 mm.

Distribution générale : assez commun dans toute la partie nord du Canada, il se raréfie jusqu’à disparaître complètement au sud de la zone boréale. C’est une espèce holarctique que l’on retrouve dans le nord de l’Europe sous le nom de « Nacré de l'Orcette ».

Distribution dans l’Archipel : apparemment très rare. Sa présence semble être confinée à seulement quelques tourbières au sud-est de Miquelon.

Période d'apparition : sur les deux ou trois données existantes, deux au mois d’août et une en septembre, il est très difficile d’en extraire une moyenne. 

Milieu : milieux humides avec une préférence pour les tourbières à sphaignes entourées de conifères.

Plante(s) hôte(s) : contrairement au Boloria à taches argentées et à l’Argynne de l’Atlantique, sa plante hôte n’est pas la violette, mais quelques espèces de la famille des éricacées et possiblement d’autres plantes des tourbières arctiques comme la « Plate-bière »

Spécimen du Musée : un premier et seul spécimen est récolté sur le pare-brise d’une automobile le 11 septembre 1987 le long de la côte est de Miquelon, à Mirande.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Contrairement au Boloria à taches argentées il est certain que cette espèce est indigène. La nourriture de sa chenille, son milieu de prédilection, tout indique qu’il est bien de chez nous. Par contre quand on voit la situation géographique de l’archipel comparé à sa répartition, il semble quelque peu hors zone, un peu trop déplacé vers le sud. Ceci explique peut-être le fait qu’il soit si peu commun et que comme beaucoup d’autres espèces nordiques indigènes, il soit peu à peu remplacé par des entités plus méridionales.

Polygone à queue violacée

Polygone à queue violacée

Appellation scientifique: Polygonia interrogationis
Appellation anglaise: Question Mark

 

Envergure : 60 à 70 mm.

Distribution générale : espèce commune dans le sud du Canada, elle atteint dans les Maritimes la limite nord de son territoire.

Distribution dans l’Archipel : occasionnel à plutôt rare. Ses visites sporadiques dans l’Archipel indiquaient que ce n’était qu’un visiteur dans les îles jusqu’en 2012 !

Période d'apparition : espèce automnale observée le plus souvent en septembre et en octobre.

Milieu : dans tous les milieux ouverts en période de migration, il préfère cependant les forêts et les clairières.

Plante(s) hôte(s) : principalement les ormes et aléatoirement les orties.

Spécimen du Musée : récolté le 6 octobre 1985 dans un jardin du nord de la ville à Saint-Pierre.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
L’année 2012 a été une année riche en papillons. Le polygone à queue violacée en a fait partie et est apparu dès le début juillet un peu partout à Saint-Pierre. La fraicheur de sa livrée, son abondance, faisait naître un doute quant à son statut migratoire jusqu’au jour où un habitant de Ravenel déclara que pour la première fois un arbre introduit dans son jardin avait été complètement défolié. A l’étude de ce qu’il en restait, c’était effectivement un orme. Aussitôt, une visite aux grands ormes de la propriété Clément sur la route du Cap, permit de constater qu’eux non plus, n’avaient plus une feuille et que des dizaines de polygones tournoyaient encore dans la prairie environnante.

C’est une grande première dans la région et même à Terre-neuve sur la proche péninsule de Burin aucune preuve de reproduction de l’espèce n’a encore été démontrée.

Petite Vanesse

Petite Vanesse

Appellation scientifique: Aglais milberti
Appellation anglaise: Milbert's Tortoiseshell

 

Envergure : 45 à 50 mm.

Distribution générale : commune partout au Canada. Absente dans l’extrême nord, sa distribution est exactement calquée sur la répartition de sa plante hôte.

Distribution dans l’Archipel : sa présence est exclusive à Saint-Pierre, dans un rayon de quelques kilomètres autour de la nourriture de sa chenille. Ce n’est pas du tout un migrateur puisqu’on ne l’a pas encore observé à Langlade ou à Miquelon.

Période d'apparition : son émergence est très printanière, dès le début avril avec même quelques observations à la fin de mars. Il disparait brusquement à la fin mai pour réapparaître au mois d’août dans une deuxième génération nettement plus colorée qui perdure jusqu’en arrière automne.

Milieu : clairières, chemins boisés, lieux ensoleillés où elle aime se réchauffer sur les pierres au printemps.

Plante(s) hôte(s) : uniquement l’ortie ce qui explique son absence des deux autres îles.

*Spécimen du Musée : un individu de deuxième génération capturé à Saint-Pierre à Savoyard le 20 août 1986.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
On pourrait se demander comment les adultes arrivent à apparaître aussi précocement dès les derniers jours de l’hiver. La réponse est simple : c’est une espèce ayant la faculté de passer l’hiver à l’état adulte, sous les rochers, les morceaux de bois et autres cavités. C’est aussi la raison pour laquelle lors de sa première apparition, elle est parfois nettement défraîchie. Vu son peu d’aptitude à la migration, c’est aussi une façon de s’accaparer les plants d’ortie avant que les migrations souvent massives des vulcains ne les raflent jusqu’à la dernière feuille.

Morio

Morio

Appellation scientifique : Nymphalis antiopa
Appellation anglaise : Mourning-Cloak

 

Envergure : 78 à 83 mm.

Distribution générale : très commun en Amérique du Nord sauf dans l’Arctique, c’est aussi une espèce présente dans toute l’Europe.

Distribution dans l’Archipel : visiteur occasionnel, son vol puissant lui permet facilement de passer de Terre-Neuve où il est commun, à l’Archipel où à notre connaissance,  il ne s’est reproduit qu’une seule fois en l’an 2000.

Période d'apparition : souvent éphémère et fébrile de mai à juin, on le retrouve un peu moins énervé de la fin août à la fin septembre.

Milieu : c’est un papillon qui préfère les milieux ombragés de la forêt et de ses sous-bois à la recherche des arbres dont se nourrit sa chenille.

Plante(s) hôte(s) : principalement les bouleaux, les peupliers, les saules, les ormes et les sorbiers.

Spécimen du Musée : capturé à Saint-Pierre dans une prairie bordant l’étang de Savoyard le 7 septembre 1985.

 

Mot de l’entomologiste des iles Daniel Abraham :
Comme chez la petite Vanesse, son apparition précoce est due au fait qu’il passe l’hiver à l’état adulte. Vif comme l’éclair durant ses visites printanières il a quand même pris le soin au moins une fois, d’aller déposer quelques œufs en passant. Sa chenille a été observée presque qu’au stade de la chrysalide le 29 août 2000 sous une véranda dans un jardin du nord de Saint-Pierre. Les saules présents non loin de là ont certainement dû lui servir de plante hôte.

Vulcain

Vulcain

Appellation scientifique : Vanessa atalanta
Appellation anglaise : Red Admiral

 

Envergure : 72 à 76 mm.

Distribution générale : espèce holarctique et migratrice présente partout en Amérique du Nord et en Europe sauf dans le Grand Nord.

Distribution dans l’Archipel : observé dans les trois îles. Il nous arrive du continent voisin presque chaque année en quantité très variable. Il se peut que durant les hivers très cléments il arrive à survivre dans les îles à l’état adulte. 

Période d'apparition : il ne se présente en général pas avant la fin juin. Après s’être reproduit, il peut vadrouiller en assez grande quantité jusqu’à des dates tardives comme la mi-octobre. Quelques rares individus ont été observés de la fin mai au début juin ce qui suggère qu’il puisse quelquefois passer l’hiver dans l’archipel à l’état adulte.

Milieu : présent un peu partout, mais surtout en milieu découvert avec une plus forte concentration autour de sa plante hôte.

Plante(s) hôte(s) : comme chez la petite Vanesse, avec laquelle il rivalise, seules les plantes de la famille de l’ortie servent de nourriture à sa chenille.

Spécimen du Musée : capturé à Saint-Pierre au nord de la ville le 12 septembre 1980.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
De capture difficile à cause de leur vol vif et zigzaguant, les Vulcains font le charme des derniers jours de l’été, mais dès les premiers froids, épuisés, ils ne s’enfuient même plus à l’approche du danger et se laissent « cueillir » sans pouvoir s’envoler.

Ceci nous amenait quand nous étions enfant, à les attraper facilement pour regarder le « numéro » inscrit sur le dessous de leurs ailes, peut-être en espérant en trouver un gagnant, malheureusement c'était toujours le même.

Vanesse de Virginie

Vanesse de Virginie

Appellation scientifique : Vanessa virginiensis
Appellation anglaise : American Painted Lady

 

Envergure : 54 à 60 mm.

Distribution générale : c’est une espèce méridionale migratrice qui s’aventure rarement au nord de la zone boréale. De distribution typiquement néarctique, la « Belle Dame américaine » s’est depuis peu installée en Europe.

Distribution dans l’Archipel : sa présence est très fluctuante. En général elle se présente assez tard, parfois pas du tout, et jamais en grande quantité.

Période d'apparition : si on exclut la présence de sa chenille observée quelquefois début août, c’est plutôt vers la fin du même mois qu’elle commence à nous visiter et ce, jusqu’à la fin septembre.

Milieu : lieux ouverts plutôt secs, chemins, bord des routes et des rivages, en milieu naturel ou artificiel. 

Plante(s) hôte(s) : surtout des fleurs de la famille des composées appartenant au groupe des « immortelles » comme la gnaphale, l’anaphale ou les antennaires et exceptionnellement dans l’Archipel, sur l’armoise de Steller, plante spécifiquement maritime.

 *Spécimen du Musée : spécimen éclot le 23 août 1981, provenant de l’élevage d’une chenille récoltée sur Artemisia stelleriana à Miquelon sur le bord du Grand Etang.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Il est difficile de faire une évaluation exacte des populations de Vanesse de Virginie visitant l’Archipel car elle ressemble trop à première vue à la Belle Dame. Avec un peu d’habitude cependant, si le papillon ferme ses ailes quelques secondes, les deux grosses ocelles des ailes postérieures sont caractéristiques. Vu de dessus le petit point blanc immergé dans la tache orange du bord de l’aile antérieure est aussi un bon critère.

Belle Dame

Belle Dame

Appellation scientifique : Vanessa cardui
Appellation anglaise : Painted Lady

 

Envergure : 56 à 62 mm.

Distribution générale : espèce au territoire très étendu, ses migrations l’ont rendu littéralement cosmopolite. C’est le globe-trotter des papillons.

Distribution dans l’Archipel : comme pour la Vanesse de Virginie, sa présence est variable, parfois assez commune dès le printemps, parfois presque inexistante, dépendant de ses jets migratoires, mais elle est cependant bien plus souvent observée que cette dernière. Elle s’est reproduite au moins une fois dans l’archipel en 2012.

Période d'apparition : observée assez tôt parfois dès la mi-mai, c’est à se demander si parfois elle ne passe pas l’hiver ici. On la remarque ensuite durant tous les mois de l’été, jusqu’à la fin septembre où elle plie bagage vers le sud.

Milieu : tout milieu ouvert des prairies côtières à la lande à éricacée jusque sur le sommet des mornes.

Plante(s) hôte(s) : en tant qu’espèce cosmopolite, elle s’est adaptée à une multitude de plantes hôtes, au moins une centaine paraît-il. Les multiples espèces de la famille des astéracées ont cependant sa préférence et particulièrement les chardons.

Spécimen du Musée : un individu capturé à Saint-Pierre dans le nord de la ville le 30 juillet 1983.

 

Mot de l’entomologiste de l'archiepl Daniel Abraham :
Difficile à différencier de la Vanesse de Virginie le dessous de ses ailes postérieures est orné de quatre petits ronds au lieu des deux gros ocelles. Le petit point blanc sur le dessus de l’aile antérieure fait ici défaut contrairement à cette dernière.

Sur les mornes, elle s’attribue souvent un territoire qu’elle défend farouchement. C’est amusant de la voir se précipiter violemment sur n’importe quel insecte volant et le pousser en dehors de « sa » zone.

Amiral blanc

Amiral blanc

Appellation scientifique : Limenitis arthemis
Appellation anglaise : White Admiral

 

Envergure : 60 à 77 mm.

Distribution générale : c’est une espèce américaine très commune sur tout le continent exceptée en zone arctique.

Distribution dans l’Archipel : c’est un ajout récent à la faune des îles. Observé pour la première fois le 31 juillet 2004 à Mirande (Est de Miquelon), on le revoit ensuite tous les ans jusqu’en 2007. On le perd ensuite de vue jusqu’en 2014 et en 2015 où il apparait comme bien installé à Mirande et dans les environs.

Période d'apparition : de la mi-juillet à la mi-août si l’on fait la moyenne des quelques observations faites depuis 2004.

Milieu : typiquement forestier incluant les sentiers, clairières et bords des ruisseaux.

Plante(s) hôte(s) : arbres et arbustes particulièrement présents dans l’archipel comme les bouleaux, les pruniers sauvages, l’aulne ou même les amélanchiers.

Spécimen du Musée : aucun spécimen n’est encore en collection au Musée, mais un individu capturé le 15 août 2015 à Mirande devrait, dans le futur, combler cette lacune.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
L'Amiral blanc n’est pas décrit comme étant très commun à Terre-Neuve. Étant donné sa livrée particulièrement révélatrice, en tant qu’espèce indigène, il aurait probablement été remarqué ici depuis fort longtemps.

Tout ceci va dans le sens d’une introduction récente de l’île voisine ou du continent. Il n’est cependant pas reconnu comme étant migrateur, mais allez donc savoir, quand on a des fourmis dans les ailes... Reste encore à découvrir sa chenille.

Nordique des tourbières

Nordique des tourbières

Appellation scientifique : Oeneis jutta
Appellation anglaise : Jutta Arctic

 

Envergure : 48 à 50 mm.

Distribution générale : espèce d’affinité arctique, commun dans son milieu, mais absent en dessous de la zone boréale.

Distribution dans l’Archipel : la seule mention pour Saint-Pierre reste hypothétique. C’est un habitant de Miquelon et de Langlade qu’il faut savoir repérer de loin tant il est farouche.

Période d'apparition : il apparaît sur une courte période, de juin à juillet et n’a été vu dans les îles, sur 25 ans d’observations, que les années impaires alors qu’à Terre-Neuve c’est le contraire !

Milieu : exclusivement la tourbière à sphaignes d’où il s’évade, pour s’aventurer dans la lande à éricacées, le long des forêts naines et des étangs.

Plante(s) hôte(s) : les « herbes » poussant dans la tourbière comme les joncs, les laiches (carex) et les linaigrettes.

Spécimen du Musée : un individu capturé à Langlade en tourbière à l'ouest du Cap Corbeau le 3 juin 1981.

 

Mot de l’entomologiste saint-Pierrais Daniel Abraham :
Ce n’est pas que c’est une espèce rare, notre nordique, mais il est tellement méfiant qu’il est très difficile d’approche. Ses teintes brunâtres se confondent exactement avec le décor qu’il l’entoure et il passe le plus souvent inaperçu. La plupart des observations se font quand il est en vol.

L’espèce a longtemps été considérée comme holarctique, mais des études récentes tendent à démontrer que l’entité américaine serait une espèce distincte classifiée sous le nom de Oeneis balderi.

Lutin brun

Lutin brun

Appellation scientifique : Incisalia augustinus
Appellation anglaise : Brown Elfin

 

Envergure : 25 à 30 mm.

Distribution générale : c’est le Lutin le plus commun au Canada où sa distribution est plutôt boréale, ne touchant en aucun cas à la zone arctique ou subarctique.

Distribution dans l’Archipel : il est peu commun. Une observation a été faite dans la basse vallée de Dolisie (Langlade) et deux autres à Miquelon aux environs de Sylvain.

Période d'apparition : précoce, de la fin mai au début juin autant que l’on puisse faire une moyenne sur ces trois observations.

Milieu : la tourbière sèche, mais aussi les tourbières humides entourées de conifères.

Plante(s) hôte(s) : principalement l’airelle à feuilles étroites (« bleuet »), mais aussi le thé du Labrador, les kalmias (« faux-thés ») et autres espèces de la lande à éricacées. 

Spécimen du Musée : un individu capturé à la Montagne noire à Langlade le 29 mai 1981.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham : Quand on voit les couleurs du papillon, d’un brunâtre homogène digne d’une tenue de camouflage, si on considère ses dates d’apparition qui ne correspondent pas à une période de grande activité sur les deux grandes Iles, on peut imaginer que l’espèce est peut-être plus commune qu’on ne le pense. Par contre, il semble être absent de Saint-Pierre.

Cuivré des tourbières

Cuivré des tourbières

Appellation scientifique : Lycaena epixanthe
Appellation anglaise : Bog Copper

 

Envergure : 20 à 25 mm.

Distribution générale : c’est une espèce américaine assez répandue sur la côte est, dont l’habitat se restreint à celui de sa plante hôte.

Distribution dans l’Archipel : espèce commune dans son milieu, mais d’apparition assez éphémère.

Période d'apparition : observé seulement de la mi-juillet à la mi-août rarement plus tard, c’est un papillon qui, de par sa taille, passe souvent inaperçu.

Milieu : les tourbières à sphaignes et à éricacées là où poussent ses plantes hôtes.

Plante(s) hôte(s) : uniquement les airelles (atocas ou canneberges). En tourbière l’airelle à gros fruit (« pomme de prés »), dans la lande à éricacées, l’airelle canneberge (« grisette »).

Spécimen du Musée : spécimen capturé le 9 août 1980 à Saint-Pierre dans la tourbière à l’est de l’Étang de Savoyard.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Malgré sa petite taille, ce cuivré est facile à identifier. Ses ailes sont foncées sur le dessus et pratiquement blanches en dessous. Son vol saccadé fait apparaître alternativement un contraste frappant de foncé et de blanc. Ces petits « confettis » de lumière apparaissent en général tous en même temps et donnent à la tourbière une allure de fête.

L’hiver se passe à l’état d’œuf, stade résistant capable de supporter le gel et les immersions prolongées de ce type d’habitat.

Bleu nordique

Bleu nordique

Appellation scientifique : Plebejus idas
Appellation anglaise : Northern Blue

 

Envergure : 26 à 33 mm.

Distribution générale : assez étendue sur le territoire canadien, mais plutôt restreinte  dans l’Est. Dans le sens large du terme, l’espèce est holarctique, mais beaucoup de ses variétés sont plus ou moins élevées au rang d’espèce ce qui brouille un peu les cartes.

Distribution dans l’Archipel : c’est une espèce commune parfois même abondante dans son milieu. De par son apparition en plein cœur de l’été, il annonce l’arrivée des chaleurs.

Période d'apparition : souvent peu après le 14 juillet avec un pic d’apparition vers la dizaine d’août et disparaissant soudainement avant la fin du même mois.

Milieu : typiquement la tourbière à éricacées, parmi les « graines » et les « bleuets ».

Plante(s) hôte(s) : famille des éricacées incluant les airelles, les kalmias (« faux-thés »), le « thé de James » (Ledum) et aussi la camarine noire.

Spécimen du Musée : un mâle et une femelle capturés le 3 août 1980 sur l’Isthme de Miquelon-Langlade

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
L’éminent docteur Morris dans son excellent ouvrage sur les Papillons de Terre-Neuve (1980) déclare que dans la région, se trouvent principalement deux variétés du Bleu nordique. La variété aster est inféodée aux tourbières à éricacées et tout son cortège de plantes hôtes, alors que la variété empetri ne se trouve qu’aux alentours de la Camarine noire (notre  « bruyère » locale). Ceci pourrait donc être le cas pour les spécimens en collection au Musée de l’Arche puisqu’ils ont été récoltés dans ce dernier milieu. Cependant, depuis quelque temps, on admet que les deux sous-espèces s’hybrident fréquemment ce qui annule un peu toutes ces affirmations.

Bleu arctique

Bleu arctique

Appellation scientifique : Agriades glandon
Appellation anglaise : Arctic Blue

 

Envergure : 20 à 25 mm.

Distribution générale : espèce holarctique confinée dans le Grand Nord canadien, mais aussi dans l’Ouest sur les hauteurs des Rocheuses. En Europe, elle est relativement rare.

Distribution dans l’Archipel : commun dans son milieu c'est-à-dire sur le sommet des mornes dans les tapis de mousses et de plantes naines.

Période d'apparition : de la fin de mai jusqu’à la fin juillet. Ensuite apparaît sa chenille qui passe l’hiver à l’état de chrysalide.

Milieu : typiquement arctique, comme les landes balayées par le vent et le sommet des mornes.

Plante(s) hôte(s) : plantes d’affinités nordiques comme la camarine et surtout la diapensie de Laponie.

*Spécimen du Musée : capturé à Saint-Pierre sur le sommet des mornes de l’Étang Fanche à Saint-Pierre le 10 juillet 1982.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Ce n’est que récemment à Terre-Neuve, que la diapensie de Laponie a été découverte comme étant l’un des hôtes principaux de la chenille. Quand on observe la forme en demi-sphère des touffes de la plante, on s’imagine facilement la chenille installée là, dans son petit igloo.

Le Bleu arctique est parfois d’observation difficile, car il est de même couleur que le substrat et vole toujours à ras du sol pour éviter d’être déporté par le vent souvent violent qui règne dans ce milieu.

Azur printanier

Azur printanier

Appellation scientifique : Celastrina lucia
Appellation anglaise : Spring Azure

 

Envergure : 24 à 28 mm.

Distribution générale : commun dans tout le Canada et particulièrement dans l’est. Pris sous son ancien nom de Celastrina argiolus c’était une espèce holarctique très commune en Europe.

Distribution dans l’Archipel : c’est une espèce bien dispersée à Miquelon et à Langlade. A Saint-Pierre, elle se fait discrète vu le peu d’étendue du couvert forestier.

Période d'apparition : comme son nom l’indique, son apparition est assez précoce. Il commence à apparaitre timidement à partir de la mi-mai, prolifère en juin pour se raréfier graduellement et disparaître complètement au début de juillet. 

Milieu : bien qu’il fréquente les milieux ouverts, il se tient souvent à proximité de la forêt ou dans les clairières.  

Plante(s) hôte(s) : plantes de l’orée des bois comme la spirée, le thé du Labrador, les viornes et les cornouillers. En milieu plus ouvert, les plantes du groupe des airelles.

Spécimen du Musée : un mâle et une femelle capturés à Saint-Pierre à la lisière des sapins près de l'étang de la Vigie.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Ses dates de présences évitent de le confondre avec le Bleu nordique qui apparaît bien plus tardivement. Il est facile de différencier les mâles des femelles qui ont la bordure antérieure des ailes foncée.

Les Celastrina forment un groupe américain complexe qui n’est pas encore bien défini. Les noms changent continuellement et la répartition des espèces aussi. Autrefois associé au Celastrina argiolus d’Europe, notre espèce qui en est encore à l’état de « groupe lucia », s’en distingue aisément par les taches foncées du dessous des ailes postérieures.

Hespérie des graminées

Hespérie des graminées

Appellation scientifique : Thymelicus lineola
Appellation anglaise : European Skipper

 

Envergure : 20 à 28 mm.

Distribution générale : espèce européenne introduite en Amérique en 1910 près de London en Ontario. D’extension rapide sur tout le continent, elle n’est remarquée à Terre-Neuve, pour la première fois, qu’en 1976. Depuis elle y est commune.

Distribution dans l’Archipel : un seul individu est observé pour la première fois à la quarantaine de Miquelon en 2003. Presque une dizaine d’années passent et en 2012 on la retrouve disséminée un peu partout dans les plaines du village de Miquelon. Le 2 août 2013, une première observation est faite à Saint-Pierre sur une pelouse de Ravenel.

Période d'apparition : assez tardive. Se présente vers la mi-juillet et peut se maintenir jusqu’à la fin août selon les années.

Milieu : plaines, prés, pelouses, partout où il y a de l’herbe.

Plante(s) hôte(s) : uniquement des graminées, cultivées ou sauvages.

*Spécimen du Musée : un mâle capturé le 19 juillet 2012 sur une prairie du village de Miquelon.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Il est facile d’expliquer la facilité avec laquelle cette hespérie en arrive à conquérir de nouvelles prairies quand on se réfère à son cycle de vie. L’adulte à la fin de son stade, c'est-à-dire au mois d’août, pond ses œufs à l’intérieur des feuilles de graminées les repliant sur elles-mêmes à l’aide d’un fil de soie. Mais les œufs n’éclosent pas à la belle saison et ils restent en diapause jusqu’au printemps suivant. Durant les fauchages, ou les passages de la tondeuse, tout le foin récolté transporte ainsi les œufs qui ensuite sont éparpillés aux quatre coins des champs.

Sphinx à taches roses

Sphinx à taches roses

Appellation scientifique : Agrius cingulata
Appellation anglaise : Pink Spotted Hawk Moth

 

Envergure : 100 à 120 mm.

Distribution générale : espèce migratrice qui se déplace occasionnellement de l’Amérique du Sud ou du sud des États-Unis pour visiter le Canada.

Distribution dans l’Archipel : très accidentelle. Elle n’a été observée qu’en 1981, 1983, 1998 et en 2003.

Période d'apparition : presque toujours tardive et souvent liée aux tempêtes tropicales de l’équinoxe d’automne.

Milieu : forêts tropicales ou subtropicales des États-Unis et du nord de l’Amérique du Sud.

Plante(s) hôte(s) : plantes tropicales de la famille des convolvulacées comme les gloires du matin (Ipomea) et tout particulièrement Ipomea batatas (patate douce).

Spécimen du Musée : spécimen récolté à Saint-Pierre sur la Route du Cap le long de l’ancien frigorifique le 22 septembre 1981.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Il est extraordinaire qu’un papillon de nuit puisse se déplacer sur une telle distance pour se rendre jusque dans l’Archipel. De plus, tous les individus recueillis étaient d’une fraicheur incomparable. En 2003 où plusieurs observations ont été faites, un spécimen tenu au sol pour le photographier  a réussi à se libérer et partir dans un vrombissement d’ailes avant de se faire tirer le portait. 

Sphinx nordique du pommier

Sphinx nordique du pommier

Appellation scientifique : Sphinx poecila
Appellation anglaise : Northern Apple Sphinx

 

Envergure : 75 à 100 mm.

Distribution générale : c’est l’un des Sphinx les plus communs de la zone boréale canadienne.

Distribution dans l’Archipel : commun dans les trois îles, il peut être assez abondant, attiré par la lumière artificielle. De par sa taille, il se fait remarquer facilement aussi bien à l’état adulte que larvaire.

Période d'apparition : l’adulte apparait vers la dizaine de juin et se fait remarquer souvent jusqu’à la fin juillet. Ensuite, c’est sa chenille qui se présente et là encore elle ne passe pas inaperçue.

Milieu : lande à éricacées, bordure des forêts, bord des chemins jusqu’en milieu urbain.

Plante(s) hôte(s) : une grande variété d’arbres et d’arbustes allant des mélèzes aux pommiers  en passant par les bouleaux, les aulnes, les myriques, la spirée ou l’airelle (« bleuet »).

*Spécimen du Musée : capturé à Saint-Pierre « au pied de la montagne » le 7 juillet 1982.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
A Miquelon, au lieu-dit « Le pylone du Ruisseau Creux » situé sur une petite colline, le relais attire les sphinx de toutes les tourbières environnantes. En 2007 une soixantaine ensemble a été comptabilisée, et en 2009 une bonne centaine. Est-ce la chaleur émise par la station qui les attire ou bien les infra-rouges ?  

L’espèce s’appelait il n’y a encore pas si longtemps Sphinx gordius, mais des études d’ADN tendent à prouver que cette dernière atteint à peine la partie méridionale de la zone boréale.

Sphinx du laurier

Sphinx du laurier

Appellation scientifique : Sphinx kalmiae
Appellation anglaise : Laurel Sphinx

 

Envergure : 75 à 120 mm.

Distribution générale : commun au sud de la forêt boréale mais de plus en plus rare lorsque que l’on remonte vers le nord. Général à Terre-Neuve mais peu commun. Il existe aussi en Europe où il est assez commun.

Distribution dans l’Archipel : d’abord considéré comme rare et présent seulement à Miquelon et à Langlade, depuis ces dernières années, il semble être en augmentation et il a même été noté à Saint-Pierre pour la première fois en 2010.

Période d'apparition : les quelques observations sur l’adulte indiquent qu’il apparait vers la mi-juin. A partir de la fin août c’est au tour de sa chenille d’apparaître et ce jusqu’au début octobre.

Milieu : uniquement littoral, là où se trouve sa plante hôte.

Plante(s) hôte(s) : le laurier est le nom vernaculaire des kalmia en Acadie. Cette plante est celle qui est le plus souvent utilisée par la chenille avec le némopanthe, le dierville et même les bouleaux.

Spécimen du Musée : il n’existe malheureusement encore aucun spécimen dans nos collections.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Il est presqu’incroyable que cette espèce ne soit pas en collection. Le premier spécimen capturé appartenait à un particulier qui n’a jamais voulu en faire don. Un autre était épinglé au mur du restaurant « Chez Janot » à Langlade et y est peut-être encore quoique un peu enfumé. Un autre spécimen est photographié sur un tissu à l’intérieur d’une maison et n’a jamais été proposé. C’est une lacune à combler le plus tôt possible.

Sphinx colibri

Sphinx colibri

Appellation scientifique : Hemaris thysbe
Appellation anglaise : Hummingbird Moth

 

Envergure : 45 à 55 mm.

Distribution générale : c’est une espèce purement américaine assez commune sur tout le continent mais un peu frileuse au-dessus de la zone boréale.

Distribution dans l’Archipel : commun dans les trois îles. Il semblerait qu’on le voit de plus en plus souvent depuis quelques années.

Période d'apparition : en général à partir de la quinzaine de juin, parfois un peu avant et c’est un plaisir pour les yeux de l’observer jusqu’à la fin juillet.

Milieu : lieux ouverts et fleuris, principalement la lande à éricacées et le pourtour des boisés.

Plante(s) hôte(s) : arbuste de la lande, surtout les viornes, et les chèvrefeuilles indigènes.

*Spécimen du Musée : un individu capturé à l’étang du Cap le 22 juillet 1982 à Saint-Pierre.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
C’est un « papillon de nuit » complètement diurne. Il est très actif en plein soleil dans les alentours de midi. Comme son nom l’indique, à la manière des colibris et avec le même vrombissement, il butine les fleurs sans arrêt durant toute la journée.

Cténuche de Virginie

Cténuche de Virginie

Appellation scientifique : Ctenucha virginica
Appellation anglaise : Virginian Ctenucha

 

Envergure : 40 à 50 mm.

Distribution générale : espèce confinée à la zone boréale de l’Amérique du Nord. Plus commune dans l’Est, elle étend cependant son territoire de plus en plus vers l’Ouest depuis quelques décennies.

Distribution dans l’Archipel : considérée comme rare et localisée à Miquelon dans les années 1980, elle réapparait soudainement en 2006 à Mirande (Est de Miquelon). En 2008, elle est découverte à Saint-Pierre.

Période d'apparition : typiquement à partir de la quinzaine de juillet et pas beaucoup plus tard que le début du mois d’août.

Milieu : endroits ouverts comme les prairies et les tourbières et souvent plus ou moins urbanisés comme les jardins et les champs.

Plante(s) hôte(s) : surtout les « herbes » de la famille des graminées, mais aussi des arbustes et même des iris.

*Spécimen du Musée : capturé dans un jardin du Nord de Saint-Pierre le 11 juillet 2012.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
A Terre-Neuve où elle n’est pas considérée comme commune, une explosion de population (outbreak) s’est produite en 1977, les chenilles ayant moyennement endommagé les terres à fourrage. A Saint-Pierre, c’est un peu la même chose qui s’est passée en 2013. Sur la route du Cap, de nombreuses chenilles observées au mois de mai ont donné naissance à une multitude de papillons en juillet ce qui n’était pas du plus mauvais effet.

Diacrisie de Virginie

Diacrisie de Virginie

Appellation scientifique : Spilosoma virginica
Appellation anglaise : Virginia Tiger Moth

 

Envergure : 40 à 45 mm.

Distribution générale : c’est une espèce commune dans toute l’Amérique du Nord sauf dans la zone arctique.

Distribution dans l’Archipel : observée pour la première fois en 2003 au Gouvernement à Langlade. Sa présence s’est vite généralisée aux trois îles où elle est maintenant devenue commune.

Période d'apparition : l’adulte qui est des plus discrets, apparait vers la mi-juin pour disparaître vers la fin août. Mais c’est surtout sa chenille que l’on remarque à partir de septembre car elle devient souvent envahissante.

Milieu : tous les lieux ouverts mais surtout les prairies et les landes.

Plante(s) hôte(s) : c’est une espèce polyphage qui s’intéresse à une grande variété d’arbres, d’arbustes et de plantes herbacées allant des fougères au pissenlit en passant par les plants de tabac…

*Spécimen du Musée : deux individus éclos le premier mai 2005 provenant d’un élevage de chenilles récoltées le 14 septembre 2004 à Mirande.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Sa chenille peut couvrir des étendues surprenantes. A la veille de la mauvaise saison elle se met éperdument à la recherche d’un endroit pour se chrysalider et cette errance est loin de passer inaperçue. Des centaines de chenilles ont été écrasées sur la route de la Pointe-au-cheval  (111, le 14 septembre 2005 et 226, le 22 septembre 2004).

Depuis quelques années, un parasite s’est trouvé intéressé par cette abondance. La « mouche rose » alias Bombyliopsis abrupta est apparue en 2005 et contrôle plus ou moins la chenille, devenant plus ou moins abondante en fonction des populations.

Apantèse petite fille

Apantèse petite fille

Appellation scientifique : Grammia virguncula
Appellation anglaise : Little Virgin Tiger Moth

 

Envergure : 38 à 45 mm.

Distribution générale : assez restreinte, l’espèce est surtout présente dans les Maritimes et dans la partie est de la zone boréale américaine.   

Distribution dans l’Archipel : peu connue. L’espèce est découverte en 1983 à Langlade au Gouvernement. Depuis ce temps seulement quelques observations ont été faites uniquement à Miquelon.

Période d'apparition : si on se réfère à sa période d’apparition à Terre-Neuve, l’adulte est en vol de la mi-juillet à la mi-août.

Milieu : endroits ouverts comme les tourbières et les prairies humides.

Plante(s) hôte(s) : selon le milieu ouvert où elle se trouve, des plantes de la tourbière, ou bien des plantes de la prairie comme les plantains, le pissenlit ou les renouées (Polygonum).

Spécimen du Musée : capturé dans la tourbière de l’étang de Cuquemel dans l’est de Langlade le 24 juillet 1994.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Il est difficile de comprendre que la niche écologique d’une espèce puisse se trouver à la fois dans des milieux aussi différents que ceux de la tourbière et des prairies. Nos observations se sont toujours faites en pleine tourbière alors que la plante hôte de la chenille pousse en prairie. Histoire à suivre…

Arctiide du Canada

Arctiide du Canada

Appellation scientifique : Platarctia parthenos
Appellation anglaise : St. Lawrence Tiger Moth

 

Envergure : 60 à 70 mm.

Distribution générale : espèce commune en Amérique du Nord, particulièrement dans l’Ouest et dans la vallée du Saint-Laurent.

Distribution dans l’Archipel : peu commun à rare, il semble être absente de Saint-Pierre.

Période d'apparition : l’adulte est visible de la mi-juillet jusqu’au début août. Sa chenille a été observée le 12 octobre 2010, cherchant un endroit pour se chrysalider.

Milieu : espaces ouverts et humides comme les grandes tourbières de Langlade et de Miquelon et la bordure des marais saumâtres de la côte.

Plante(s) hôte(s) : principalement des arbustes environnant la tourbière comme l’aulne et le bouleau, mais aussi des plantes basses comme l’airelle ("bleuet") et même le pissenlit.

*Spécimen du Musée : capturé dans l’Ouest de Langlade, au Cap au Renard près du ruisseau Clotaire le 31 juillet 1995.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Quel beau papillon que cet Arctiidé. Il est bien dommage qu’il ne soit pas plus commun dans l’Archipel. Dans son ouvrage sur les papillons (1980) le Dr Ray Morris le considère aussi comme rare à Terre-Neuve.

Son nom anglais de « St Lawrence Tiger Moth » lui vient du fait qu’il soit particulièrement commun dans la vallée du Saint-Laurent. Cependant cet endroit est aussi un terrain de prédilection pour les terres agricoles et il s’y fait de plus en plus rare à cause de la destruction des milieux humides. C’est donc une espèce à protéger.

Fiancée

Fiancée

Appellation scientifique : Noctua pronuba
Appellation anglaise : Large yellow Underwing

 

Envergure : 50 à 60 mm.

Distribution générale : espèce migratrice introduite d’Europe, elle est observée pour la première fois en Amérique du Nord en 1979. Elle s’est depuis appropriée tout le continent.

Distribution dans l’Archipel : observée pour la première fois à Saint-Pierre le 11 juillet 1996, elle est maintenant commune dans les trois îles et cause des dégâts  surtout dans les jardins de Miquelon.

Période d'apparition : l’adulte est observé à partir du début de juillet jusqu’à la fin d’août. Sa chenille apparait vers la mi-septembre et peut encore être remarquée jusqu’à la mi-octobre.

Milieu : les lieux ouverts urbanisés, comme les jardins, mais aussi les milieux naturels comme les prairies sablonneuses du bord de mer.

Plante(s) hôte(s) : c’est une espèce très polyphage qui s’accommode d’un peu de tout, dépendant du milieu où elle se trouve. Des graminées aux framboises en passant par les pissenlits en prairie, à n’importe quel légume et même les arbustes dans le jardin.

*Spécimen du Musée : un spécimen capturé à Saint-Pierre au centre-ville le 11 juillet 1996.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Petite histoire d’un grand envahisseur : le 8 août 1979, la fiancée est observée pour la première fois en Amérique du Nord à Halifax. En 1987 elle est notée pour le  Québec, mais, depuis 1984, elle avait déjà conquis Terre-Neuve. En 1996 un individu est trouvé mort dans les rues de Saint-Pierre, à peu près dans les même années où elle envahit les îles de la Madeleine.

Son attrait irrésistible pour les jardins en fait, dans les trois îles, une peste pour le cultivateur. Elle peut pondre des centaines d’œufs à la fois et sa chenille s’accommode d’à peu près n’importe quoi. Vu la taille de cette dernière le mieux reste une éradication manuelle.

Etoilée

Etoilée

Appellation scientifique : Orgyia antiqua
Appellation anglaise : Rusty Tussock Moth

 

Envergure : 25 à 30 mm (chez le mâle).

Distribution générale : c’est une espèce holarctique introduite ou non en Amérique du Nord où elle est commune surtout dans l’Ouest et dans l’Est du continent, elle n’atteint pas la zone arctique.  

Distribution dans l’Archipel : observée dans les trois îles, c’est une espèce commune qui se fait surtout remarquer grâce à sa chenille aux structures très originales.

Période d'apparition : l’adulte semble apparaître assez tard, pas avant septembre mais ses couleurs neutres et son vol saccadé ne facilitent pas l’identification.

Milieu : très varié, allant des plantes basses du littoral jusqu’aux bois ouverts, les clairières et même la tourbière.

Plante(s) hôte(s) : extrêmement polyphage, la chenille se nourrit d’un peu n’importe quoi. Parmi les arbres, autant les conifères que les feuillus, sur les plantes basses, les myriques, les renouées (Polygonum), et les airelles (bleuets) entre autres.

*Spécimen du Musée : un spécimen mâle et un femelle, éclos le 12 septembre 1980 et résultant d’un élevage fait sur des chenilles récoltées sur Rumex le long du rivage au niveau de l’ancienne usine électrique à Saint-Pierre.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Au stade adulte, l’Étoilée passerait complètement inaperçue si ce n’est que contrairement aux noctuelles et autres espèces apparentées, elle vole en plein jour et même en plein midi. Son vol erratique et saccadé à la manière d’une chauve-souris l’identifie facilement. Quand à son stade larvaire la « Chenille à houppes rousses » est loin de passer incognito, avec ses longues touffes de poils de différentes couleurs.

Faucille lignée

Faucille lignée

Appellation scientifique : Drepana arcuata
Appellation anglaise : Arched Hooktip

 

Envergure : 30 à 40 mm.

Distribution générale : espèce commune dans toute l’Amérique du Nord incluant le sud des régions arctiques et le Labrador.

Distribution dans l’Archipel : assez commune dans les trois îles, mais jamais abondante.

Période d'apparition : pendant tout le mois de juillet. La chenille, quant à elle, est mature en septembre.

Milieu : principalement forestier, mais plus au nord, la lande à éricacées.

Plante(s) hôte(s) : exclusivement des arbres ou arbustes de la forêt, dont l’aulne et le bouleau.

*Spécimen du Musée : capturé à Langlade, dans le bois du fond de l’Anse du Gouvernement (dans l’est de Langlade)  le 23 juillet 1991.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Chez la chenille de la Faucille lignée, la dernière paire de pattes est absente. Elle est remplacée par un organe allongé en forme de palette. Le frottement de cet organe sur la feuille fait fonction d’émetteur. A la suite d’études approfondies, on a remarqué que ce sont surtout les jeunes chenilles, lorsqu’elles mangent en groupe dans le même « nid », qui émettent cette vibration. Ce signal aurait pour but de garder une certaine distance entre chaque chenille, autrement dit pour « qu’elles se tiennent bien à table ».

Ailanthe tisseuse

Ailanthe tisseuse

Appellation scientifique : Atteva aurea
Appellation anglaise : Ailanthus Webworm

 

Envergure : 10 à 25 mm.

Distribution générale : tout l’est de l’Amérique du Nord en dessous du 45e parallèle jusque dans le sud de l’Amérique centrale.   

Distribution dans l’Archipel : visiteur très occasionnel, il a été observé plusieurs fois en 2010 puis en 2015.

Période d'apparition : assez tardive, jamais avant septembre et jusqu’à la fin du mois.

Milieu : non défini. Aussi bien en forêt qu’en prairie où elle se délecte des fleurs jaunes comme celles des verges d’or et des séneçons.

Plante(s) hôte(s) : le Simaroubia et l’Ailanthus espèces n’existant pas dans l’Archipel.

*Spécimen du Musée : capturé à l’Anse à Marcadet (sud-ouest de Saint-Pierre) le 7 septembre 2010.

 

Mot de l’entomologiste de l'archipel Daniel Abraham :
Jusqu’au début du siècle, l'Ailanthe tisseuse était confinée à sa seule plante hôte le Simaroubia glauca, plante tropicale de l'Amérique centrale. Dans les années 1800,  un arbre exotique, le Vernis de Chine ou Ailanthus altissima  a été introduit en Amérique du nord de par sa croissance rapide et son bel aspect le long des routes. Devenu très vite une espèce envahissante, il s'est approprié depuis, la moitié est des États-Unis et du Canada. L’Ailanthe tisseuse s’est adaptée à cette nouvelle « denrée » de la même famille que le Simaroubia et ses populations ont depuis fait un bond en avant vers le Nord, suivant la progression de leur nouvelle plante hôte. C’est la raison pour laquelle on observe de plus en plus souvent ce mini papillon qui est en pleine expansion dans la région.


Remerciements aux photographes locaux pour leur(s) précieuse(s) contribution(s) (par ordre alphabétique) :

ABRAHAM Daniel
ASSELIN Pascal
BOEZ Patrick
DISNARD Frédéric
ETCHEBERRY Roger
HACALA Patrick
JACKMAN Laurent
LAHITON Philippe
MICHEL Nathalie
ORSINY Jean-Guy